Action Contre Total pour le Mega Projet Pétrolier dans la Région des Grands Lacs en Afrique

En 2006, de larges réserves de pétrole ont été découvertes au cœur du parc naturel protégé des Murchison Falls en Ouganda. Total, associée à d’autres compagnies pétrolières anglaise et chinoise (Tullow et CNOOC Limited) s’est ainsi positionnée pour développer un projet d’une envergure colossale.

Total va forer plus de 400 puits, permettant d’extraire environ 200 000 barils de pétrole par jour. De plus, un oléoduc géant de 1445 km de long sera construit pour transporter le pétrole, impactant des territoires à la fois en Ouganda et en Tanzanie.

En tout, plus de 10 milliards de dollars sont investis pour ce projet pétrolier démesuré.

Pourtant, la mobilisation citoyenne a déjà gagné : dans cette même région des Grands Lacs, Total vient de renoncer à exploiter du pétrole dans le parc naturel des Virunga en République Démocratique du Congo. Il est donc impensable que la multinationale puisse tranquillement lancer en même temps ce projet similaire en Ouganda, juste de l'autre côté de la frontière.

Avant même le début de l'exploitation, les impacts sur les populations locales sont déjà très graves.

Dans le projet d’exploitation du pétrole dans l’Ouest de l’Ouganda, TOTAL est accusé de…

  1. BAFOUER LES DROITS HUMAINS
  2. MENACER L’ENVIRONNEMENT ET LE CLIMAT
  3. CONTINUER A PILLER L’AFRIQUE ET Y ASSEOIR SON EMPRISE

Total fait partie des 25 plus grandes multinationales du monde et son activité décomposée en milliers de filiales, franchises et sous-traitants, l’a rarement exposée à des sanctions juridiques.

C’est ce système auquel s’attaque une nouvelle loi française : concrètement, les maisons-mères des multinationales peuvent enfin être tenues responsables des atteintes aux droits humains et à l’environnement que peuvent provoquer leurs activités, en France comme à l’étranger.

Depuis des mois, les Amis de la Terre enquêtent sur le terrain pour faire toute la lumière sur les atteintes commises par Total dans le cadre de ce nouveau projet pétrolier en Ouganda.

Depuis de nombreuses années, AEFJN avec un groupe d’organisations se sont mobilisés pour démanteler le pouvoir des multinationales, et ont ainsi été au cœur du combat pour l’adoption de la loi française sur le devoir de vigilance des multinationales, finalement promulguée en 2017. Survie a soutenu cette bataille législative ouvrant la voie à un nouveau type de procédures judiciaires, et s’associe aux Amis de la Terre pour faire condamner une des entreprises françaises qui pille le sous-sol de l’Afrique.

Les Amis de la Terre et Survie ont rassemblé documents et témoignages qui pointent la responsabilité de Total. Les preuves s’accumulent.

Avec ce cas concret, ils veulent donc s’assurer de l’application ambitieuse de cette nouvelle loi : elle leur permet de saisir la justice avant tout dommage, pour empêcher Total de faire peser des risques considérables et irréversibles sur les habitant·e·s, la biodiversité, l’environnement et le climat en Ouganda. Surtout, si les juges confirment que des violations sont avérées, cette loi peut nous permettre de faire condamner l'entreprise à réparer les dommages causés et indemniser les populations affectées.

Total est une multinationale très puissante. Ses moyens financiers considérables risquent de faire durer cette bataille juridique sur plusieurs années. Elle va tout tenter pour faire renoncer à la Société Civile. C’est pourquoi le soutien de tous·tes est essentiel : le pouvoir citoyen peut nous permettre enfin d'obtenir justice face à Total.

Voici quelque témoignages des habitants de la région où Total a commencé les préparatifs pour l’extraction du pétrole.

Anna, 77 ans

Total est venu et a divisé nos familles

Geoffrey, 40 ans

Certains terrains proposés sont vraiment loin de tout, comme les écoles ou hôpitaux. Et il n'y a même pas de routes pour y accéder.

Kisembo, 54 ans

Les intimidations étaient vraiment très fortes : ils sont venus chez nous à plusieurs reprises pour nous intimider et nous forcer à signer.

Moses, 37 ans

La perte de mes terres a totalement bouleversé ma vie. Je ne peux plus utiliser mes terres, c'est donc la famine pour nous...

Judith, 36 ans

Nous les femmes, la communauté, quand nous allons en justice, nous avons peur.

Rosta, 38 ans

Actuellement, je vis dans le regret d’avoir perdu mes terres

Nyakalaya, 70 ans

En me privant de mes terres, l’accès à des besoins vitaux comme la nourriture ou payer les frais de scolarité est devenu compliqué

Mobabazi, 45 ans

Nos enfants ne sont pas allés à l’école depuis 2017 car nous n’avons plus d’argent pour cultiver puis vendre nos récoltes.

Richard, 41 ans

Pour éviter les frais de justice, j’ai préféré signer pour ce faible montant d’indemnisation

Jonathan

A chaque saison, je gagnais plus avec mes manguiers qu’avec ce que Total m’a donné.

Texte pris des "Amis de la Terre".

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