Bienvenue à la résolution du Parlement Européen sur les déchets alimentaires

Bienvenue à la résolution du Parlement Européen sur les déchets alimentaires

Au cours des dernières années, le pape Francis s’est prononcé à plusieurs reprises contre le scandale des déchets alimentaires. Il a critiqué une culture du tout jeter qui « nous a rendu insensibles au gaspillage et à l'élimination des excès de denrées alimentaires, ce qui est particulièrement condamnable lorsque de nombreuses personnes et familles souffrent de la faim et de la malnutrition». Il a abordé spécifiquement la question des déchets alimentaires dans son discours au Parlement européen en novembre 2014.

La COMECE considère l'adoption de la résolution sur les déchets alimentaires au Parlement européen comme un point de repère et l'accueille. Le rapport d'initiative est complet et a reçu un vote fort des députés européens. Ceci devrait encourager la Commission à accélérer ses études préparatoires pour une législation appropriée et le Conseil à préparer à des mesures audacieuses permettant à toutes les parties prenantes, et en particulier aux consommateurs, de remédier au scandale des déchets alimentaires dans l'Union européenne.

En fait, environ 88 millions de tonnes de nourriture sont gaspillées dans l'UE chaque année, plus de la moitié de celles-ci se produisant dans les ménages européens. En moyenne, chaque Européen jette environ 2 kg de nourriture par semaine.

Dans sa résolution, le Parlement européen demande à la Commission d'envisager de soumettre une proposition législative d'ici à 2020, qui permettrait d'abaisser de moitié les déchets alimentaires d'ici 2030 et d'établir un objectif de réduction de 30% juridiquement contraignant, d'ici à 2025. COMECE soutient l'idée d’objectifs juridiquement contraignants pour les déchets alimentaires au niveau de l'UE, ce qui correspond aux buts fixés dans les objectifs de développement durable de l'ONU. Cela suppose toutefois de mettre en place une définition de l'UE pour les déchets alimentaires et bien avant cela une méthode de mesure. La Commission pourrait intensifier ses travaux à cet égard.

Étant donné que 53% des déchets alimentaires dans l'UE se produisent dans les ménages, la tâche la plus importante est de sensibiliser les Européens aux conséquences sociales et environnementales de jeter des aliments comestibles. De plus amples informations sur les bonnes pratiques d'achat et de stockage des aliments, ainsi que sur l'utilisation des restes, doivent être diffusées. Les initiatives locales ont un rôle important à jouer à cet égard. Les paroisses et les mouvements de l'Église peuvent contribuer à cette tâche.

En outre, le don de nourriture doit être simplifié et facilité. La législation européenne en matière de TVA devrait être modifiée pour autoriser explicitement les exonérations fiscales sur les dons de nourriture. On devrait explorer aussi l'idée d'une loi du «bon samaritain» afin de clarifier la responsabilité dans les dons de nourriture. Les nouvelles technologies peuvent faciliter de rassembler ceux qui veulent donner et ceux qui en ont besoin. En général - comme le souligne la résolution du Parlement Européen - le manque de capacité des organismes de bienfaisance et les services sociaux engagés dans la fourniture de dons alimentaires constitue l’obstacle le plus important. Ce manque devrait être abordé en Europe comme une priorité à tous les niveaux politiques.

Père Olivier Poquillon OP,

Secrétaire général de COMECE, Commission des Conférences Episcopales de l'Union Européenne

 

Posted in Souveraineté Alimentaire A.

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